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INFLUENCE · 24.05.2026 · 1 min de lecture

Doctrine Trump II : transaction, tarifs, désengagement choisi

Note d'influence. Quatre mois après l'entrée en fonction, la politique étrangère américaine se lit comme un retour aux années 1980, lestée par la technologie.

Lire la politique étrangère de la seconde administration Trump suppose d'abandonner deux grilles : celle de l'isolationnisme et celle de l'impérialisme. Aucune ne fonctionne. Ce que l'on observe est plus ancien : une diplomatie transactionnelle dans la lignée de Nixon-Kissinger pour la géométrie des alliances, et de Reagan pour la mise sous pression économique. Avec en plus, en 2026, l'outil tarifaire généralisé comme levier de cadrage.

Trois lignes de force se sont stabilisées depuis février.

Tarifs comme grammaire diplomatique. Le tarif universel à 10 % et les surtaxes ciblées (Chine, Mexique, Union européenne sur certains segments) sont moins un instrument de balance commerciale qu'un dispositif de négociation. Chaque relèvement est un appel d'offres politique pour une concession.

Conditionnalité des alliances. Le soutien à Kiev est conditionné à un partage des terres rares et à une participation européenne accrue. La présence militaire en Asie est réaffirmée mais facturée : Tokyo et Séoul ont accepté des hausses substantielles de contribution. L'OTAN n'est pas dissoute, elle est renégociée article par article, le 5 inclus.

Technologie comme actif souverain. Les contrôles d'exportation sur les semi-conducteurs avancés se durcissent, les accords IA bilatéraux (Royaume-Uni, Inde, Émirats) se multiplient. C'est la véritable diplomatie américaine de cette décennie, et elle se décide à la Maison Blanche, pas au département d'État.

Lecture d'institut. Les chancelleries européennes habituées à un Washington multilatéraliste épuisent leur capital diplomatique à tenter de restaurer l'ancien cadre. Celles qui ont compris la règle, Varsovie en tête, négocient bilatéralement, contre cash et capacité. La question pour l'Europe n'est pas d'attendre 2028 mais de décider, dès 2026, ce qu'elle vaut sans tutelle américaine.

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