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CARNET · 26.05.2026 · 1 min de lecture

Gaza, an deux : la reconstruction comme champ de bataille politique

Carnet. Après dix-neuf mois d'offensive, le pivot vers la reconstruction redistribue les acteurs : Caire, Doha, Riyad, Abou Dabi, Ankara.

L'offensive israélienne sur la bande de Gaza s'est ralentie en intensité sans s'arrêter en doctrine. Sur le terrain, les zones tampons élargies et le contrôle israélien du corridor Netzarim sont devenus un fait accompli. La population, elle, vit la fin d'une guerre par épuisement plutôt que par traité.

Le véritable jeu se déplace sur trois plans superposés.

Premier plan : qui gouverne Gaza ? L'Autorité palestinienne a annoncé une administration transitoire, refusée de facto par Israël, ignorée par les acteurs locaux. Les ingénieurs égyptiens contrôlent le terminal de Rafah ; les forces émiraties tiennent une logistique humanitaire armée dans le sud. Aucun acteur n'a intérêt à la victoire d'un autre.

Deuxième plan : qui paye ? Les chiffres avancés par la Banque mondiale et le PNUD oscillent entre 53 et 80 milliards de dollars sur dix ans. Riyad et Abou Dabi conditionnent leur contribution à un horizon politique crédible, c'est-à-dire à un début d'État palestinien. Doha et Ankara financent en parallèle, sans conditionnalité politique mais avec préférences d'attribution.

Troisième plan : Cisjordanie. La pression coloniale s'est durcie en zone C, avec une accélération des avant-postes légalisés a posteriori. C'est là, et non à Gaza, que se joue la liquidité de la solution à deux États.

Lecture d'institut. Le mot reconstruction est trompeur : il s'agit moins de rebâtir un territoire que de fixer un statut juridique et politique. Tant que cette question reste suspendue, chaque chantier est un drapeau planté. L'observation à tenir au cours de l'été : la séquence saoudo-émiratie et l'éventuelle réactivation des accords d'Abraham élargis, qui dépendra moins de Washington que de l'arbitrage de Riyad sur le prix du baril.

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