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Édition2026 · 282 Aujourd'hui09.10.2026 EN
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CARNET · 23.05.2026 · 1 min de lecture

Soudan : la guerre civile la plus meurtrière que personne ne regarde

Carnet. Deux ans de FAS contre RSF : Khartoum coupée en deux, le Darfour ravagé, l'axe Émirats-Égypte structure le terrain.

Plus de 150 000 morts, 12 millions de déplacés, une famine déclarée dans au moins cinq États : le Soudan est, en termes de pertes humaines comme de déportations forcées, le conflit le plus lourd du moment, devant Gaza et l'Ukraine. Il est aussi le plus invisible.

Le terrain s'est stabilisé en deux ensembles. Les Forces armées soudanaises (FAS), appuyées par l'Égypte et discrètement par la Turquie pour les drones, contrôlent l'est, la mer Rouge et une partie de Khartoum. Les Forces de soutien rapide (RSF) de Hemetti, appuyées par les Émirats arabes unis via le Tchad et la Libye, tiennent le Darfour, le Kordofan et une moitié de la capitale. Aucun camp ne peut prendre l'autre ; aucun camp ne veut déposer les armes.

Sur le plan économique, l'or finance la guerre. Les flux Émirats-Tchad-RSF passent par Dubaï ; les FAS s'appuient sur la diaspora et sur la rente portuaire de Port Soudan. Les pourparlers de Genève et de Djeddah ont produit, en deux ans, zéro accord opérationnel.

Lecture d'institut. Le Soudan est le laboratoire africain de la guerre par délégation entre puissances moyennes. C'est là, plus qu'au Sahel, que se joue la règle implicite : un acteur du Golfe peut-il financer un belligérant non-étatique à hauteur d'un État sans conséquence internationale ? Tant que la réponse reste oui, le modèle se reproduira en Libye, en Somalie, et demain ailleurs. La diplomatie française et européenne, atone sur ce dossier, paiera la facture en migrations forcées à l'horizon 2027-2028.

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