CARNET · 04.05.2026
Sahel : la recomposition est entrée dans sa phase d'institutionnalisation
Du retrait français aux accords militaires russo-turcs, lecture froide de la nouvelle géographie d'influence.
Trois ans après les ruptures de 2022-2024, le Sahel central (Mali, Burkina Faso, Niger) ne fonctionne plus comme zone d'influence française mais comme espace contesté à fournisseurs multiples.
L'Alliance des États du Sahel (AES) consolide son architecture : monnaie commune annoncée, force conjointe opérationnelle, retrait de la CEDEAO acté. Les contrats de sécurité passent désormais par Africa Corps (Russie), Bayraktar (Turquie), STM (Turquie) et, plus discrètement, par les EAU pour la logistique.
Lecture d'institut : la grille de lecture « pro-russe vs pro-occidental » est obsolète. Les régimes AES achètent où ils peuvent et où ils paient leur souveraineté au moindre coût politique. La séquence à venir se jouera sur trois variables : (1) la capacité d'Africa Corps à tenir ses promesses sécuritaires, (2) le cours de l'or et de l'uranium, (3) la posture marocaine sur l'Atlantique sahélien.